Après un début de championnat délicat, Renaix n'a pas tergiversé dans sa remontée vers les sommets avec le titre à la clé
Tout avait changé à Renaix après la descente en Division 3 : nouveau comité, nouveau coach et nouveaux joueurs. Ce qui fit se poser pas mal de questions à l'entame du championnat. La meilleure réponse fut apportée sur le terrain avec en point d'orgue, le retour en deuxième nationale.
Le bilan des “Rouge et bleu” est tout simplement remarquable et de l'avis général, ils méritent bien leur succès pour s'être montré les plus réguliers sur l'ensemble de la saison.
Un nouveau noyau ne trouve pas immédiatement ses marques. Il a fallu du temps à l'entraîneur pour façonner une équipe homogène. Les deux défaites enregistrées à domicile en début d'exercice auraient pu semer un peu plus le doute dans les esprits. Bizarrement, c'est ce qui leur fit prendre conscience de leurs possibilités. Et à partir du nul réalisé face à Alost, ils remontèrent petit à petit au classement.
La fin du premier tour fut plus poussive avec des revers à Diegem et Malines. Le second se résuma à une longue course poursuite ponctuée d'un sprint final étourdissant. Une seule défaite (face à Péruwelz) et les voilà sacrés champions. Ils n'ont pas toujours eu leur sort entre leurs mains, mais ils ne se sont pas préoccupés des tracas des autres. Car avant la saison, ils étaient plusieurs équipes à crier haut et fort vouloir jouer un rôle en vue, mais tout comme pour la traversée du Titanic, les rêves de certains se sont transformés en cauchemars.
“ Besoin de renforts ”
Les douches du stade Orphale Crucke ont eu leur lot d'invités surprises ce dimanche après-midi. Tout le monde y est passé : joueurs, staff et dirigeants.
A la sortie de celles-ci, le coach Bart Van Renterghem savourait modérément ce titre. Sa première saison en tant que coach principal a été couronnée de succès : “ Je remercie Renaix de m'avoir fait confiance. Le début de saison fut pénible, mais on connaît les circonstances. On s'est très bien repris en novembre et si l'on excepte l'une ou l'autre moins bonne prestation, on a remporté celles qu'il fallait. On garde notre noyau, mais on a bien entendu besoin de quelques renforts pour faire bonne figure à l'étage supérieur. ” il n'oublie pas que son équipe a battu deux fois La Louvière en infligeant six buts à la meilleure défense de la série (ex-aequo avec Renaix) : En ne perdant que cinq rencontres, son équipe est aussi celle qui a connu le moins de défaites.
“ Plus d'expérience ”
Un autre personnage renaisien savourait son triomphe dans sa barbe fleurie : le manager sportif Jean Debaets. Souvent décrié et sans faire de bruit (encore que...), il a constitué un groupe de différents horizons avec le résultat qu'on connaît. Il n'en est pas peu fier : “ Personne ne croyait en cette équipe et on a mis tout le monde d'accord. J'ai commencé à y croire au mois de février car j'avais le sentiment qu'on avait un groupe capable d'aller loin dans ce championnat. On a remporté la majorité des rencontres importantes à l'extérieur et c'est ce qui a fait la différence. Nous allons faire quelques transferts qui ont de l'expérience, mais on garde ce groupe qui nous a donné tant de satisfaction pour la saison prochaine. On a aussi des jeunes qui peuvent faire leur trou chez nous. Après Delie, vous avez vu le match de Rubulotta (I7 ans) cet après-midi. ”
“La clé ? L'entraîneur ! ”
Attention, car l'antichambre de l'élite ne s'apparentera pas à une nouvelle promenade de santé. Le délégué local Ghislain Christiaens la retrouve pour la troisième fois : “ Il y a cinquante ans jour pour jour, j'ai connu la même chose en tant que joueur. En gagnant à Mons, on accédait pour la première fois en deuxième division. Ce ne fut que pour un an mais la seconde fois, on est quand même resté six ans et je ne pensais pas la retrouver après seulement une année. L'entraîneur a fait un boulot fantastique et l'équipe a fait preuve d'une très grande solidarité : Ce fut vraiment la clé de notre réussite. Pour la suite, on verra bien ce que l'avenir nous réservera. Cela ne sert à rien de tirer des plans sur la comète. Savourons le moment présent. ”
Ces paroles de sage sont le mot de la fin d'une saison à marquer d'une pierre blanche pour tout l'entourage du matricule 38.